La relance économique allemande des années 30

Posté par Portalis le 2 mars 2013

Par Janpier Dutrieux

En Allemagne, les retombées internationales du Krach vinrent s’ajouter au considérable endettement commercial du pays. En janvier 1934, les réserves d’or et de devises de la Reichsbank n’étaient plus que de 388 millions de reichsmarks contre 2.881 millions en janvier 1929. En outre, la crise industrielle qui sévissait engendra un chômage massif  touchant près de six millions de travailleurs.

Depuis 1931, le protectionnisme était apparu un peu partout. Schacht, nommé en mars 1933 président de la Reichsbank, fit suspendre le paiement des dettes  extérieures, et par une loi en date du 9 juin 1933, institua une “ caisse de conversion ”.  Les débiteurs allemands y portaient au crédit de leurs créanciers étrangers les sommes exprimées en marks que l’on appela des “ scrips ”. Les créanciers étrangers pouvaient utiliser ces scrips mais ne pouvaient les changer contre leur monnaie nationale qu’à la moitié de leur valeur théorique. En fait, ils pouvaient utiliser ces scrips  pour acheter des biens allemands jusqu’à concurrence de leur valeur mark ou les échanger à moitié prix de leur valeur mark. Ces scrips servirent à augmenter les exportations. Différentes sortes de scrips adaptés au mode de conversion retenu par les créanciers furent ainsi créés comme  les marks tourisme, les marks bloqués, les Aski marks (comptes spéciaux en marks pour les étrangers) [1].  Mais ce rééquilibrage de sa balance des paiements fut également favorisé par la baisse plus conséquente des prix mondiaux des matières premières qu’elle importait que des prix des produits industriels qu’elle exportait, ce qui lui permit d’améliorer les termes de l’échange.

 

 

Importations et  exportations allemandes de 1933 à 1934
Prix courant Prix constant 1928
Importations Exportations Importations Exportations
1933 4200 4870 9300 7600
1934 4450 4170 9800 6800

(Source : C.W. Guillebaud, The Economic Recovery of Germany)

La résorption du chômage et la relance de l’activité économique étaient pour Hitler, soucieux d’accroître son influence,  un impératif majeur. Comme les Allemands  n’avaient plus confiance en la solvabilité de l’Etat, il ne pouvait être question de lancer un emprunt, ni d’accroître à l’excès la circulation monétaire en recourant, comme en 1923, à une inflation pure et simple pour se procurer des moyens de financement. Schacht  pensait  “ que s’il y avait des ateliers inutilisés, des machines inutilisées, des stocks inutilisés, ce qui était le cas, il devait y avoir aussi, dans les caisses des entreprises, des capitaux inutilisés [2]. En d’autres termes, il convenait de faire sortir l’argent des caisses où il était thésaurisé, sans pour autant accroître la circulation monétaire, c’est-à-dire sans prétendre obtenir cet argent pour longtemps, ni lui faire subir un risque de dépréciation.

Son idée fut de faire émettre des reconnaissances de dettes à brève échéance, sous forme de traites essentiellement tirées sur la Metall-Forschungs A.G. ou “ Mefo ”, garanties par l’Etat, que la Banque centrale s’engageait à escompter. La Mefo était une petite société anonyme de recherche sur les métaux, au capital d’un million de marks, fondée sur l’initiative du gouvernement du Reich par quatre grandes firmes : Siemens, Krupp, Gutehoffnungshûtte et Rheinstahl.

Le Reich se porta garant de dettes de cette société et les fournisseurs qui travaillaient pour son compte purent ainsi tirer pour le montant de leur créance, des traites sur la Mefo.

En principe, ces traites ou “ effets Mefo ” avaient toujours échéance à 3 mois, mais ils étaient prolongeables pour cinq ans au maximum. La Banque du Reich s’engagea à les escompter en tout temps si ceux-ci étaient présentés trois mois après leur date d’émission, mais si le tireur avait besoin d’argent liquide avant cette échéance, il pouvait les vendre moyennant un escompte de 4 % à une banque ou à un tiers.  C’est ainsi que ces effets remplacèrent bien souvent les encaisses liquides thésaurisées dans les caisses des entreprises. Ils permirent de mobiliser pour un programme de grands travaux et de création d’emplois des capitaux qui sans cela seraient restés inutilisés. C’est en cela que résidait l’assurance d’éviter un accroissement préjudiciable de la circulation monétaire fiduciaire.

L’émission devait se tenir dans le cadre des crédits à court terme disponibles sur le marché. Effectivement, jusqu’en 1938, date à laquelle le montant des effets Mefo atteignit son maximum avec 12 milliards de Reichsmarks, il n’y eut pour ainsi dire jamais plus de la moitié de ces effets Mefo en contrepartie des réserves de la Banque centrale du Reich où ils venaient remplacer les effets de commerce d’autrefois. Il s’agissait là d’une opération de changement des contreparties monétaires de la Banque centrale nécessitée par le fait que la dépression économique avait fortement réduit les demandes de crédits effectués auprès de la Banque du Reich par la voie classique du réescompte des effets de commerce. Il s’en suivit ainsi que l’autre moitié des effets Mefo put, jusqu’au milieu de 1938, être constamment placée sur le marché de l’argent à court terme. C’est seulement à ce moment là, selon Schacht, qu’apparurent les premières difficultés imputables à la politique hitlérienne de dépenses inconsidérées, notamment militaires.

Les effets Mefo furent analysés comme une ingénieuse technique de préfinancement qui ne put être possible que parce que l’Allemagne disposait de grandes marges d’expansion, d’ateliers, d’usines, de commerces inutilisés. En ordonnant tout un programme de travaux publics financé par les effets Mefo, traites à échéance de trois mois, l’Etat put stimuler et entraîner l’activité économique comme la théorie keynésienne du multiplicateur de crédit a pu l’exposer par ailleurs.

Les entrepreneurs de travaux publics qui amenaient leurs factures à l ’Etat, se voyaient délivrer des effets Méfo qu’ils ne pouvaient pas convertir en liquide avant l’échéance de trois mois. Durant ce laps de temps, ils finançaient leurs charges, rémunéraient leurs employés et s’approvisionnaient en matières premières avec leur fonds de caisse, c’est-à-dire avec la trésorerie qu’ils laissaient auparavant dormir. Il leur était demandé, en quelque sorte, d’échanger une monnaie liquide constituant un pouvoir d’achat immédiat, mais qui se dépréciait, contre un court placement de trois mois qui leur rapportait 4 %, coût de l’escompte de ces effets. Les entrepreneurs avaient donc tout intérêt à acquérir ces effets Mefo et à se débarrasser de leurs marks. Ainsi, ces marks réintégrèrent le circuit des échanges, de la production à la consommation, et terminèrent leur course sous forme de dépôts bancaires. Il s’agissait là d’une adaptation sophistiquée de la théorie de la monnaie franche de Silvio Gesell. Si dans le circuit  gesellien (cf. Chapitre II), la monnaie qui ne circule pas est périodiquement amputée d’une partie de son pouvoir d’achat, dans le circuit de Schacht, les émissions d’effets Mefo incitent les agents à faire circuler les marks jusqu’alors thésaurisés.

Et ce que Schacht attendait se produisit : la monnaie qui dormait dans les caisses des entreprises, et que celles-ci ne désiraient pas – on ne voulaient pas – investir dans des placement à long terme, sortit aussitôt de sa cachette et fut placée à court terme. Comme les effets Méfo non escomptés rapportaient un intérêt de 4 % et que la Reichsbank les changeait à tout moment contre des marks, ils remplaçaient les fonds thésaurisés qui, sans cela, seraient restés, dans les caisses des entreprises.

Par ailleurs, comme ces effets Méfo étaient renouvelables, qu’ils permettaient à la circulation monétaire de retrouver son dynamisme, ils furent le plus souvent échangés auprès des banques qui trouvaient là un placement à court terme garanti par l’Etat. Ainsi, la circulation monétaire qui était de 3,5 milliards de Reichsmarks, en 1933, s’accrut d’abord assez timidement : 3,8 Mds. en 1934  et 4,1 Mds. en 1935, pour finir par doubler : 4,7 Mds. en 1936, puis 5,2 Mds. en 1937 et 7,8 Mds. en 1938. Dans le même temps, le nombre des chômeurs inscrits aux Offices du travail décrut considérablement dès 1934 pour n’être plus que de 200.000 en 1938, alors que le Revenu  National passa de 45,2 Milliards de Reichsmarks à un peu moins de 80 Mds. de Reichsmarks en 1939, ce qu’expose le tableau ci -dessous.

 

Le redressement de l’Allemagne de 1932 à 1939
Années Chômeurs inscrits aux Offices du Travail(en millions) Revenu National(en milliards de Reichmarks)
1932 5,6 45,2
1933 4,8 46,5
1934 2,7 52,7
1935 2,2 58,7
1936 1,6 64,9
1937 0,9 72,6
1938 0,4 79,7
1939 0,2 -

(source : Ernst Wagemann, D’où vient d’où cet argent ?)

Dans ces mémoires, Schacht soulignait qu’il avait “ prévu ce plan de redressement pour cinq ans de sorte que les effets Méfo pouvaient être prolongés cinq ans. De cette manière l’importance du réarmement se trouvait limitée par une barrière intervenant automatiquement. Après cinq ans, le remboursement des effets Méfo devait commencer, et les sommes nécessaires seraient désormais perdues pour le budget et devraient donc être prises sur d’autres postes de dépense, le réarmement était justement de ceux-ci. Toutes ces considérations revêtirent leur pleine signification quelques années plus tard, quand j’eus l’impression que le réarmement allait dépasser le niveau normal de temps de paix. Ceci aurait été empêché par mon plan, si Hitler n’avait pas fait dévier la politique de la Banque du Reich ”. Schacht démissionna de son poste de ministre de l’économie du IIIe Reich, en fin 1937, et fut destitué de la présidence de la Reichsbank le 20 janvier 1939, ce qui permit à Hitler d’obliger la Banque du Reich a lui consentir n’importe quel crédit.

Cette destitution illustre bien ici le danger consistant à remettre le pouvoir d’émission de la monnaie à l’Etat. Comme je l’ai souligné précédemment (cf. Chapitre II), puisque la monnaie n’est que l’instrument d’échange des richesses, elle ne peut appartenir qu’à ceux qui les créent. Il s’en suit que l’Etat, comme autorité publique, doit avoir pour mission d’en garantir la valeur afin d’autoriser les transactions, mais n’a pas à la gérer puisqu’il n’en est pas propriétaire.

Le fait que des propriétaires privés fassent commerce de cet instrument d’échange ne peut donc justifier que l’autorité publique, au fil des siècles, ait substitué à son obligation de garantir la monnaie, un pouvoir de gestion monétaire onéreux qui aujourd’hui encore déprime l’activité économique et accentue les inégalités artificielles.

Janpier Dutrieux 1999

Extrait de http://prosperite-et-partage.org/spip.php?article102


[1] : Soulignons toutefois  que les éditeurs français des “ Mémoires d’un magicien” de Schacht notèrent que “ cet art de tirer un avantage supplémentaire de la position de mauvais débiteur en obtenant des créanciers de l’Allemagne qu’ils se servent en priorité en Allemagne, en imposant d’ailleurs aux dits créanciers des taux de change arbitraire, n’a plus que des rapports lointains avec l’économie politique ”.

[2] :  H. Schacht, Mémoires d’un Magicien, Amiot Dumont.1954.

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ANI du 11 janvier 2013 portant réforme du marché du travail

Posté par Portalis le 2 mars 2013

Pour une vision critique que partage également ( même si la réforme n’est pas encore aussi importante qu’on aurait pu le penser http://www.bastamag.net/article2931.html#nb1

Pour une vision »optimiste » avec l’exposion des nouveaux droits (parfois réels comme la prévoyance) mineur en comparaison de la flexibilisation du contrat de travail pourtant considéré comme l’élément essentiel dans la relation de travail au détriment des accords collectif. http://www.cabinet-sj.com/2013/02/26/ce-que-prevoit-laccord-national-interprofessionnel-du-11-janvier-2013/

De plus ce n’est pas en cassant les droits des salariés que les entreprises vont recruter, même en periode de croissancecela semble avoir un effet marginale. Baisser les cotisations sociales pour les PME semble déjà plus efficace mais il faudrait une réforme globale( fiscal, monétaire, libre échange,…)

 

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Conférence Frédéric Lordon et Fabien Danesi

Posté par Portalis le 2 mars 2013

Le 22 février 2013, la galerie VivoEquidem recevait Frédéric Lordon qui s’est entretenu avec Fabien Danesi lors de la conférence « Les paysages affectifs du capitalisme contemporain ».

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Création monétaire et 100% monnaie

Posté par Portalis le 28 février 2013

Cent Pour Cent Monnaie

Cette vidéo explique clairement la création monétaire, qui s’effectue de façon privé, et ses désavantages intrinsèque. Elle présent également la réforme 100% monnaie qui a l’air efficace et est défendu par des économistes très différent comme Allais, Tobin ou Friedman.

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Olivier Berruyer chez Les Experts 25 Février 2013

Posté par Portalis le 27 février 2013

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Philippe Bechade 27 Février 2013

Posté par Portalis le 27 février 2013

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L’interprétation de la la loi de 1905 selon le Conseil d’Etat

Posté par Portalis le 25 février 2013


Par cinq décisions du 19 juillet 2011, le Conseil d’État est venu préciser la façon dont il convient d’interpréter la loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat. Ces affaires concernaient différents cultes et diverses opérations : étaient contestées des décisions de collectivités territoriales qui, poursuivant un intérêt public local, avaient soutenu un projet intéressant, d’une manière ou d’une autre, un culte. Se posait ainsi pour l’essentiel dans ces affaires la question de la conciliation entre des intérêts publics locaux et les principes posés par la loi du 9 décembre 1905.

Rappelons les principes fondamentaux posés par la loi de 1905 :

- l’article 1er dispose que : « La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public » ;

- l’article 2 affirme que : « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. En conséquence, à partir du 1er janvier qui suivra la promulgation de la présente loi, seront supprimées des budgets de l’Etat, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l’exercice des cultes. » ;

- Enfin, les articles 13 et 19 prévoient que les édifices servant à l’exercice public du culte, ainsi que les objets mobiliers les garnissant, sont laissés gratuitement à la disposition des associations cultuelles formées pour subvenir aux frais, à l’entretien et à l’exercice d’un culte et que celles-ci ne pourront, sous quelque forme que ce soit, recevoir des subventions de l’Etat, des départements et des communes qui peuvent toutefois leur allouer des sommes pour la réparation des édifices affectés au culte public. La loi autorise également que les personnes publiques propriétaires d’édifices du culte engagent les dépenses nécessaires pour l’entretien et la conservation de ces derniers.

Dès lors les collectivités publiques peuvent uniquement :

- financer les dépenses d’entretien et de conservation des édifices servant à l’exercice public d’un culte dont elles sont demeurées ou devenues propriétaires lors de la séparation des Eglises et de l’Etat ;

- ou accorder des concours aux associations cultuelles pour des travaux de réparation d’édifices cultuels.

Il leur est en revanche interdit d’apporter une aide à l’exercice d’un culte.

Dans ce cadre, deux enseignements majeurs se dégagent des décisions du Conseil d’État :

- d’une part, si la loi de 1905 interdit en principe toute aide à l’exercice d’un culte, elle prévoit elle-même expressément des dérogations ou doit être articulée avec d’autres législations qui y dérogent ou y apportent des tempéraments ;

- d’autre part, si les collectivités territoriales peuvent prendre des décisions ou financer des projets en rapport avec des édifices ou des pratiques cultuels, elles ne peuvent le faire qu’à la condition que ces décisions répondent à un intérêt public local, qu’elles respectent le principe de neutralité à l’égard des cultes et le principe d’égalité et qu’elles excluent toute libéralité et, par suite, toute aide à un culte.

L’apport de chaque décision :

CE, 19 juillet 2011, Commune de Trélazé

La loi du 9 décembre 1905 ne fait pas obstacle à ce qu’une collectivité territoriale participe au financement d’un bien destiné à un lieu de culte (par exemple, un orgue dans une église) dès lors qu’existe un intérêt public local (organisation de cours ou de concerts de musique) et qu’un accord, qui peut par exemple figurer dans une convention, encadre l’opération.

 

CE, 19 juillet 2011, Fédération de la libre pensée et de l’action sociale du Rhône et M. P.

La loi de 1905 ne fait pas obstacle aux actions des collectivités territoriales visant à valoriser les atouts culturels ou touristiques qu’un édifice cultuel présente pour elles. Ainsi, l’attribution, par la commune de Lyon, d’une subvention en vue de la réalisation d’un ascenseur facilitant l’accès des personnes à mobilité réduite à la basilique de Fourvière n’est pas contraire à l’interdiction d’aide à un culte posée par la loi de 1905, même si cet équipement bénéficie également aux pratiquants du culte en cause. En effet, cet ascenseur présente un intérêt public local lié à l’importance de l’édifice pour le rayonnement culturel et le développement touristique et économique de la ville, qui justifie l’intervention de la commune.

 

CE, 19 juillet 2011, Communauté urbaine du Mans – Le Mans Métropole

Une communauté urbaine ne méconnaît pas les dispositions de la loi du 9 décembre 1905 en aménageant un équipement permettant l’exercice de l’abattage rituel, si un intérêt public local le justifie. Ainsi, la nécessité que les pratiques rituelles soient exercées dans des conditions conformes aux impératifs de l’ordre public, en particulier de la salubrité et de la santé publiques, justifie légalement, en l’absence d’abattoir proche, l’intervention de la collectivité territoriale. En outre, les conditions d’utilisation de l’équipement en cause doivent respecter le principe de neutralité à l’égard des cultes et le principe d’égalité et elles doivent exclure toute libéralité et, par suite, toute aide à un culte.

 

CE, 19 juillet 2011, Commune de Montpellier

Une commune peut, dans le respect des principes de neutralité et d’égalité, permettre l’utilisation d’un local qui lui appartient pour l’exercice d’un culte si les conditions financières de cette autorisation excluent toute libéralité et, par suite, toute aide à un culte. En revanche, la mise à disposition pérenne et exclusive d’une salle polyvalente en vue de son utilisation par une association pour l’exercice d’un culte a pour effet de conférer à ce local le caractère d’édifice cultuel et méconnaît les dispositions de la loi du 9 décembre 1905.

 

CE, 19 juillet 2011, Mme V.

En autorisant la conclusion d’un bail de longue durée (« bail emphytéotique administratif ») entre une collectivité territoriale et une association cultuelle en vue de l’édification d’un édifice du culte, le législateur a permis aux collectivités territoriales de mettre à disposition un terrain leur appartenant, en contrepartie d’une redevance modique et de l’intégration, au terme du bail, de l’édifice dans leur patrimoine. Ce faisant, le législateur a dérogé à l’interdiction, posée par la loi du 9 décembre 1905, de toute contribution financière à la construction de nouveaux édifices cultuels pour permettre aux collectivités territoriales de faciliter la réalisation de tels édifices.

 

On voit donc que la puissance publique peut déroger légalement à la laicité.

Cependant on ne peut que regretter le fait que cette dérogation soit possible en alléguant un « intérêt publique », notion relativement flou permettant un large pouvoir au juge.

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Entretien Castoriadis

Posté par Portalis le 23 février 2013

Entretien de Castoriadis sur la démocratie par Chris Marker en 1989

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Jacques Sapir chez Les Experts

Posté par Portalis le 23 février 2013

Nicolas Doze reçoit Jacques Sapir et Jean-Marc Daniel.

Sapir chez Les Experts 1

Sapir chez Les Experts 2

Sapir chez Les Experts 3

Sapir chez Les Experts 4

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Bienvenue à tous !

Posté par Portalis le 23 février 2013

Je lance ce blog dans le but de vous faire partager les différents articles que je trouve intéressent sur le web ainsi que vous faire partager mes points de vue. N’étant pas philosophe, j’essayerai d’apporter aux thèmes qui m’intéressent une vision non dogmatique, bien que nécessairement influencé, et je l’espère pertinente et original.

Quels sont ces thèmes justement ?L’actualité politique et international, l’économie, la justice et le droit, la question des institutions et de la crise de la représentation.

Le tire de mon blog renvoie à la célèbre expression latine panem et circenses qui vise l’époque où les empereurs romains pour occuper la plèbe organisait de grand jeux du cirque. Mais ce serait faire un contresens que d’en déduire que sans ces festivités la plèbe aurait acquis une conscience politique plus élevé. La plèbe voulait ces jeux mais ne s’intéressait fort peu à la politique comme la bien montré Paul Veyne.

Dès lors pourquoi ce site ? Et bien pour toucher un maximum de personnes et sur ces quelques qui se seront arrêté sur cette route, une poignée essaimera non pas mes idées (je n’ai pas la prétention d’en avoir élaboré) mais leurs propres opinions, et prendront part active à la vie de la Cité.


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